Publié le 17 mai 2024

En résumé :

  • Distinguez les vrais arcs composites (corne, tendon) des répliques modernes (fibre de verre) qui n’offrent ni les mêmes sensations, ni la même valeur.
  • Faites confiance aux artisans reconnus (Grozer, Kassai) et aux revendeurs spécialisés en Europe pour éviter les contrefaçons et les problèmes d’importation.
  • Un arc composite est un instrument sensible : un mauvais stockage (humidité, chaleur) ou l’utilisation de flèches inadaptées peuvent le détruire de façon irréversible.
  • Préparez votre budget global : au-delà de l’arc (800-2500€), prévoyez les flèches, l’anneau de pouce et une éventuelle formation à la décoche spécifique.

L’image de l’archer des steppes, galopant à travers les plaines, son arc court et puissant à la main, fascine depuis des siècles. Ce désir de renouer avec une forme d’archerie plus instinctive et historique pousse de nombreux passionnés à vouloir acquérir un arc composite de type oriental. Pourtant, ce qui devrait être une quête excitante se transforme souvent en parcours du combattant. Le marché est une jungle où se côtoient des chefs-d’œuvre d’artisanat et de simples répliques en fibre de verre, souvent vendues à des prix déroutants. Comment s’y retrouver ? À qui faire confiance ?

La plupart des conseils se limitent à comparer des puissances en livres ou des longueurs, des critères certes importants mais totalement insuffisants. On oublie l’essentiel : la nature même de ces arcs. Contrairement à un produit industriel, un arc composite traditionnel est une œuvre vivante, un assemblage complexe de matériaux naturels qui a une âme. La véritable clé pour faire le bon choix n’est donc pas de comparer des fiches techniques, mais de savoir décrypter le pedigree de l’arc : la philosophie de son fabricant, la qualité de ses matériaux et l’authenticité de sa conception.

Cet article n’est pas un catalogue. C’est le carnet d’adresses et le guide pratique d’un collectionneur. Nous allons d’abord apprendre à distinguer une véritable fabrication historique d’une imitation moderne. Puis, nous établirons les points de contrôle essentiels avant tout achat et je partagerai avec vous les noms des artisans qui font aujourd’hui référence. Enfin, nous aborderons les aspects cruciaux de l’entretien et de la technique de tir spécifique à ces arcs, pour que votre investissement vous apporte des décennies de plaisir, et non une amère déception.

Pour naviguer avec assurance dans cet univers passionnant, cet article est structuré pour vous guider pas à pas, du savoir théorique aux conseils les plus concrets. Le sommaire ci-dessous vous permettra d’accéder directement aux sections qui vous intéressent le plus.

Arc composite : la différence entre une réplique moderne et une fabrication historique

Avant même de parler de puissance ou de forme, la première distinction fondamentale à faire est celle des matériaux. C’est ce qui sépare un véritable arc composite, héritier de traditions millénaires, d’une simple réplique moderne à l’apparence similaire. Ne pas comprendre cette différence est la porte ouverte à toutes les déconvenues, tant en termes de prix que de sensations de tir. Un arc « façon hongrois » en fibre de verre à 200€ et un arc biocomposite de facteur d’arc à 1500€ ne jouent tout simplement pas dans la même catégorie.

Le tableau suivant synthétise les principales différences que vous devez avoir en tête. Il vous aidera à positionner une offre et à comprendre pourquoi les écarts de prix sont si importants. Il n’y a pas de « mauvais » choix en soi, mais il y a des choix inadaptés à un projet. Si vous cherchez l’authenticité et la performance historique, seule la dernière catégorie est pertinente.

Comparaison détaillée entre arcs composites modernes et historiques
Critère Arc fibre de verre moderne Arc laminé bois/fibre Composite naturel corne/tendon
Prix moyen 150-300€ 400-800€ 800-2500€
Durée de vie 10-15 ans 20-25 ans 30+ ans (entretien régulier)
Sensibilité humidité Très faible Moyenne Très élevée
Entretien annuel Minimal Cirage occasionnel Contrôle hygrométrie + huile
Performance Correcte Bonne Excellente (rendement)
Authenticité historique Nulle Partielle Totale

Le composite naturel est donc un organisme vivant qui réagit à son environnement, mais offre un rendement énergétique sans commune mesure. Les arcs laminés représentent un excellent compromis pour le loisir et la compétition, offrant de bonnes performances avec moins de contraintes. Les arcs en fibre de verre sont quant à eux parfaits pour l’initiation à petit budget ou pour des animations où la robustesse prime sur l’authenticité.

Les 3 points clés à vérifier avant d’acheter un arc de cavalier

Une fois que vous avez défini le type d’arc qui correspond à votre projet, l’enthousiasme peut pousser à un achat impulsif. C’est une erreur. L’acquisition d’un arc de cavalier, surtout s’il est de fabrication traditionnelle, doit être réfléchie. En France, bien que l’achat soit simple, plusieurs aspects pratiques, légaux et budgétaires doivent être anticipés pour éviter les mauvaises surprises. La pratique de l’archerie traditionnelle connaît d’ailleurs un bel essor, avec près de 84 865 licenciés à la FFTA en 2025, ce qui facilite aujourd’hui l’accès à des clubs et des formations.

Le premier point concerne la puissance de l’arc. Un débutant attiré par l’imaginaire guerrier pourrait vouloir un arc de 70 livres (#), mais c’est le meilleur moyen de se blesser et de ne prendre aucun plaisir. Pour un adulte de corpulence moyenne, une puissance de 40 à 50 livres est largement suffisante pour le tir sur cible et même pour débuter en archerie équestre. C’est une puissance qui permet de maîtriser la technique sans lutte excessive.

Le deuxième aspect est le budget global. L’arc n’est que la partie la plus visible de l’iceberg. Il vous faudra impérativement des flèches adaptées (le bon « spine » ou indice de rigidité), un anneau de pouce pour la décoche, et une housse pour le transport. Pour un achat hors Union Européenne, n’oubliez jamais d’ajouter la TVA de 20% et les frais de douane. Enfin, la checklist ci-dessous vous aidera à ne rien oublier pour préparer sereinement votre achat.

Votre plan d’action avant l’achat d’un arc historique

  1. Statut légal et transport : Vérifiez que vous êtes majeur. Comprenez que l’arc, classé en catégorie D en France, doit impérativement être transporté dans une housse fermée dans tout lieu public.
  2. Budget détaillé : Listez tous les coûts : arc (400-1500€), un jeu de flèches adaptées (80-150€), un anneau de pouce de qualité (30-80€) et une housse de transport (40-70€). Prévoyez une marge pour les frais d’import si nécessaire (TVA 20% + douanes).
  3. Test et prise en main : Avant d’investir, contactez des clubs FFTA ou des associations d’archerie traditionnelle. Visitez les fêtes médiévales estivales, de nombreux artisans et archers y sont présents et permettent souvent d’essayer des arcs.
  4. Formation technique : La décoche au pouce est contre-intuitive au début. Envisagez un stage d’initiation (150-300€) pour acquérir les bonnes bases et ne pas prendre de mauvaises habitudes difficiles à corriger.
  5. Plan d’entretien : Renseignez-vous sur les conditions de stockage idéales (hygrométrie entre 40-60%). Si vous vivez en milieu humide, l’achat d’un déshumidificateur pour la pièce de stockage est une priorité.

Le carnet d’adresses des meilleurs fabricants d’arcs composites dans le monde

Savoir quel type d’arc acheter est une chose, savoir où l’acheter en est une autre. Dans ce marché de niche, la réputation du facteur d’arcs est le principal gage de qualité. Faire confiance à un artisan reconnu, c’est s’assurer d’acquérir un instrument performant, durable et respectueux de la tradition. Comme le souligne Traditional Bowshop, la complexité de ces arcs est immense : ils sont « collés en plusieurs pièces et par couches garnis de corne, de bois et de renforcement d’os ». Une telle maîtrise ne s’improvise pas.

L’image ci-dessous illustre la beauté et la complexité de ces couches de matériaux naturels. C’est cette synergie entre la corne en compression et le tendon en tension qui donne à l’arc sa puissance et sa souplesse uniques.

Vue macro détaillée des couches de corne et tendon d'un arc composite traditionnel

Pour vous guider, voici un carnet d’adresses non exhaustif mais éprouvé, qui segmente les fabricants et revendeurs selon votre profil. Il s’agit des acteurs les plus fiables pour un acheteur situé en France ou en Europe.

  • Pour le reconstituteur historique exigeant : Grozer Archery (Hongrie). C’est la référence pour les arcs biocomposites et tout-naturels. Leurs arcs sont de véritables œuvres d’art, très proches des pièces de musée. La commande peut se faire en direct (avec des délais) ou via des revendeurs en Europe.
  • Pour le compétiteur en archerie équestre : Kassai (Hongrie). Lajos Kassai est le père fondateur de la discipline moderne. Ses arcs sont pensés pour l’efficacité et la robustesse en compétition. Des modèles comme le Bear ou le Panther sont des standards mondiaux.
  • Pour le tir loisir avec un excellent rapport qualité/prix : Flagella Dei ou Simon’s Bow Company. Ces fabricants proposent d’excellents arcs laminés bois/fibre, très performants et plus tolérants que les composites naturels, à un budget plus accessible.
  • Les facilitateurs et revendeurs en France/UE : Pour éviter les tracas de l’import direct, des revendeurs comme Hattila.com (stock en France), Traditional Bowshop (Allemagne) ou Universal Archery (Belgique) proposent une sélection de ces marques avec un service client et une livraison simplifiés.
  • L’artisanat français : Ne négligez pas les artisans locaux. Des facteurs d’arcs comme Guildsbow en France produisent des pièces uniques sur mesure. C’est l’assurance d’un contact direct et d’un arc parfaitement adapté à vous.

L’erreur fatale qui peut tordre et ruiner votre arc composite de manière irréversible

Posséder un arc composite traditionnel est un privilège qui s’accompagne d’une grande responsabilité. Contrairement à un arc en fibre de verre, que l’on peut presque oublier dans un coin, un arc fait de corne, de bois et de tendon est un instrument « vivant ». Il est extrêmement sensible à son environnement et à la manière dont il est utilisé. Une seule erreur grave peut provoquer un vrillage des branches (twist), un décollement des couches (délaminage) ou une perte de puissance, rendant l’arc dangereux, voire inutilisable. La réparation, quand elle est possible, est coûteuse et complexe.

La menace la plus sournoise et la plus courante est l’humidité. La colle de poisson ou de tendon qui maintient l’ensemble est hygroscopique : elle absorbe l’humidité de l’air. Un stockage dans une cave humide ou un garage mal isolé est une condamnation à mort pour votre arc. Il est impératif de le conserver dans un lieu sec, avec une hygrométrie contrôlée, idéalement entre 40% et 60%.

Voici les cinq erreurs capitales à ne jamais commettre pour garantir une longue vie à votre précieux instrument :

  • Erreur n°1 : Le stockage en milieu inadapté. Ne laissez jamais votre arc dans un lieu humide (cave) ou sujet à des variations extrêmes de température (voiture, grenier). Le choc thermique est aussi dévastateur que l’humidité.
  • Erreur n°2 : Le bandage incorrect. La technique dite du « step-through » (passer la jambe à travers l’arc pour le bander) est formellement interdite. Elle applique une torsion inégale sur les branches. Utilisez toujours une fausse corde, surtout pour le premier bandage de la journée.
  • Erreur n°3 : Le tir avec des flèches trop légères. Un arc composite a besoin d’absorber l’énergie qu’il libère dans une flèche d’un certain poids. Une flèche trop légère ne dissipe pas assez d’énergie, provoquant un choc violent dans les branches, similaire à un tir à vide (dry-fire). Respectez la règle d’or : minimum 10 grains par livre de puissance.
  • Erreur n°4 : Le tir à vide (dry-fire). C’est l’interdit absolu pour n’importe quel arc, mais c’est encore plus destructeur pour un composite. Toute l’énergie accumulée se propage violemment dans les matériaux, causant des micro-fissures qui mèneront à la casse.
  • Erreur n°5 : La négligence. Inspectez votre arc avant chaque session de tir. Cherchez le moindre signe de décollement, la plus petite fissure dans la corne, le moindre début de vrillage. Plus un problème est détecté tôt, plus il a de chances d’être réparable.

La décoche au pouce : une autre façon de tirer, héritée des archers des steppes

L’achat d’un arc composite oriental n’est pas seulement un changement de matériel, c’est une invitation à changer de technique. Pour tirer le plein potentiel de ces arcs et respecter leur ergonomie historique, il faut s’initier à la décoche au pouce. Cette méthode, utilisée par les archers des steppes, les Turcs, les Coréens ou les Chinois, est fondamentalement différente de la décoche « méditerranéenne » à trois doigts que l’on apprend classiquement en France.

Comme le décrit justement le guide de Co-Creation.net :

L’archerie traditionnelle asiatique se caractérise notamment par une prise de corde avec le pouce protégé par un anneau et une grande voire très grande allonge, jusqu’à l’oreille voire jusqu’à l’épaule.

– Co-Creation.net, Guide de l’archerie traditionnelle asiatique

Dans cette technique, la flèche est positionnée sur le côté droit de l’arc (pour un droitier), et non à gauche. C’est le pouce, protégé par un anneau en corne, en métal ou en cuir, qui tire la corde. Ce simple changement a des conséquences profondes : il permet une libération de corde beaucoup plus nette et élimine le paradoxe de l’archer, ce qui rend le vol de la flèche plus direct et plus rapide. C’est une technique conçue pour le tir rapide, notamment à cheval.

Archer français pratiquant la décoche au pouce avec un anneau traditionnel en corne

L’apprentissage de la décoche au pouce demande de la patience. Il faut « désapprendre » ses réflexes. Le choix de l’anneau de pouce est crucial : il doit être parfaitement ajusté pour ne pas faire mal et permettre une libération fluide. Il existe de nombreuses formes (cylindriques, en forme de « lèvre »), et trouver celle qui vous convient fait partie du voyage. Ne pas adopter cette technique, c’est un peu comme acheter une voiture de sport pour ne rouler qu’en première : on passe à côté de l’essentiel des sensations et de la performance.

Corne, tendon et colle de poisson : les secrets de fabrication des arcs composites ancestraux

Pourquoi un arc composite est-il si performant ? Le secret ne réside pas dans sa forme recourbée, mais dans le génie de sa construction et la synergie de ses matériaux. Un arc simple en bois travaille uniquement en tension et en compression sur une même pièce. Un arc composite, lui, est une machine à ressort sophistiquée, où chaque matériau joue un rôle spécifique pour lequel il est le meilleur. Cette conception permet, selon les données techniques compilées sur les arcs historiques, à un arc composite d’offrir 30 à 40% de vitesse de flèche supplémentaire par rapport à un arc simple de même puissance.

La « recette » de base, bien que variant selon les cultures (mongole, turque, coréenne), repose sur un principe immuable. Wikipédia le décrit avec une grande précision :

Du bois, de la corne de yak, de buffle ou de vache sur le ventre de l’arc en compression, des tendons effilochés et séchés sur le dos de l’arc en tension, de la colle de vessies natatoires d’esturgeon pour enduire les fibres.

– Wikipédia, Description technique de l’arc composite

Décortiquons cette ingénierie :

  • Le ventre de l’arc (la partie face à l’archer) est couvert de plaques de corne. La corne a une capacité de compression phénoménale. Quand l’arc est bandé, elle emmagasine une énergie considérable sans casser.
  • Le dos de l’arc (la partie opposée à l’archer) est recouvert de couches de tendons d’animaux, collées les unes sur les autres. Le tendon a une élasticité et une résistance à la tension exceptionnelles.
  • Le cœur de l’arc est une âme en bois (souvent de l’érable ou du bambou) qui sert de support structurel à l’ensemble.
  • Le tout est assemblé avec une colle naturelle (colle de peau, de nerf ou, pour la plus réputée, de vessie natatoire d’esturgeon), qui reste souple tout en étant extrêmement résistante.

Cette fabrication, qui peut prendre plus d’un an, permet de « pré-contraindre » l’arc. Au repos, il se courbe dans le sens inverse de son utilisation. Le simple fait de le bander met déjà les matériaux sous une tension énorme, démultipliant l’énergie restituée lors du tir. C’est ce qui explique qu’un arc de 50# puisse avoir la vitesse d’un arc simple de 70#.

L’équipement de l’archer cavalier : quel arc, quel carquois pour tirer à cheval ?

Si votre objectif ultime est de pratiquer l’archerie équestre, le choix de l’équipement doit répondre à des contraintes de sécurité et de mobilité très spécifiques. Tout ce qui fonctionne pour le tir à pied n’est pas forcément adapté au tir depuis une selle. Les fédérations FFE et FFTA encadrent d’ailleurs précisément le matériel autorisé en compétition pour garantir la sécurité du cavalier, du cheval et des autres participants.

Voici les spécifications techniques essentielles à respecter pour une pratique sécurisée :

  • Arc : La longueur est le critère principal. Il doit être court, avec une longueur maximale de 150 cm une fois bandé, pour ne pas être gêné par la selle ou le cheval. La puissance recommandée pour débuter se situe entre 30 et 50 livres.
  • Flèches : L’allonge étant naturellement plus courte à cheval, les flèches doivent l’être aussi. L’empennage (les plumes) doit avoir un profil bas (maximum 3/8 de pouce) pour éviter de se couper la main d’arc lors de la décoche rapide.
  • Pointes : Seules les pointes « field » (d’entraînement) ou « blunt » (pour la chasse au petit gibier ou le tir sur objets) sont autorisées. Les lames de chasse (broadheads) sont strictement interdites.
  • Protections : Un gant ou un anneau de pouce est obligatoire pour protéger la main qui tire. Un brassard sur l’avant-bras d’arc est fortement recommandé pour éviter les frottements douloureux de la corde.

Un élément souvent sous-estimé est le carquois. Un carquois mal choisi peut transformer une séance de tir en cauchemar, en s’accrochant à la selle ou en laissant tomber les flèches. Le choix dépend d’un compromis entre authenticité historique, rapidité d’accès et sécurité, comme le montre cette analyse des équipements disponibles sur le marché.

Comparatif des types de carquois pour l’archerie équestre
Type de carquois Avantages Inconvénients Sécurité à cheval Prix moyen
Carquois de hanche Accès rapide, traditionnel Peut gêner la monte Moyen (risque d’accrochage) 60-150€
Carquois dorsal Liberté de mouvement Extraction difficile au galop Bon 80-200€
Gorytos (cuisse) Historiquement authentique Capacité limitée Excellent 150-400€
Carquois de selle Grande capacité Non traditionnel Très bon 100-250€

À retenir

  • L’authenticité d’un arc composite réside dans ses matériaux (corne, tendon) et non dans sa forme. Une réplique en fibre n’offrira jamais le même rendement ni la même valeur.
  • La confiance est la clé : privilégiez les artisans reconnus (Grozer, Kassai) ou les revendeurs spécialisés en Europe pour un achat serein et conforme à la législation française.
  • Ces arcs sont des instruments fragiles. Une protection rigoureuse contre l’humidité, la chaleur et les chocs (flèches trop légères, tir à vide) est non négociable pour assurer leur longévité.

Archerie équestre : l’art de ne faire qu’un avec son cheval et son arc

Au-delà de la somme de ses parties techniques – l’arc, les flèches, le carquois –, l’archerie équestre est avant tout un art martial et une discipline de l’esprit. Avoir le bon matériel est une condition nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. Le véritable objectif de cette pratique n’est pas simplement de tirer une flèche depuis un cheval, mais d’atteindre un état de fusion entre le cavalier, sa monture et son arme.

Cet idéal demande un travail sur plusieurs fronts. Il y a d’abord la maîtrise équestre : le cavalier doit être capable de guider son cheval sans les mains, uniquement avec l’assiette et les jambes, pour libérer le haut de son corps pour le tir. Il y a ensuite la maîtrise de l’arc : la décoche au pouce doit devenir un réflexe, un mouvement fluide et instinctif qui ne perturbe pas l’équilibre sur la selle. Enfin, il y a la maîtrise mentale : la capacité à rester concentré sur la cible tout en étant en mouvement, en faisant confiance à son cheval et à son instinct.

L’arc composite historique prend ici tout son sens. Sa petite taille le rend maniable, et son rendement élevé permet d’utiliser des puissances raisonnables, ce qui limite la fatigue et permet de se concentrer sur la fluidité du geste. Il n’est pas un simple outil, mais le prolongement du bras de l’archer, le lien qui matérialise l’intention de tir née de l’harmonie avec le cheval. C’est une quête de toute une vie, où chaque progrès dans la relation avec sa monture se traduit par une amélioration de son tir, et vice-versa.

Maintenant que vous détenez les clés pour choisir votre arc et comprendre la philosophie qui l’entoure, la prochaine étape vous appartient. Commencez votre quête en contactant un club d’archerie traditionnelle ou un artisan. C’est le début d’un voyage passionnant dans l’histoire et dans la maîtrise de soi.

Rédigé par Laurent Gaudin, Laurent Gaudin est un facteur d'arcs et historien amateur depuis 25 ans, passionné par la reconstitution de techniques ancestrales et le travail des matériaux naturels comme le bois d'if et le bambou.