
La pêche à l’arc en France n’est pas une pratique « floue » ou interdite, mais une discipline exigeante qui requiert un matériel spécifique, une compréhension de la physique de l’eau et une connaissance pointue de la réglementation.
- Le matériel de bowfishing n’est pas interchangeable avec celui de la chasse : flèches lourdes, moulinets spécifiques et pointes à ardillons sont indispensables.
- La clé du succès réside dans la maîtrise de la réfraction de la lumière, qui vous oblige à viser systématiquement sous la position apparente du poisson.
Recommandation : Avant tout achat, la première étape est de vous rapprocher de votre AAPPMA (Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique) pour connaître les réglementations locales spécifiques.
L’image est puissante : un archer, debout sur une embarcation, scrutant les eaux sombres avant de décocher une flèche fulgurante qui capture un poisson imposant. La pêche à l’arc, ou bowfishing, évoque l’adrénaline, l’instinct primaire et une connexion brute avec la nature. Intrigué, vous vous dites peut-être que c’est une simple variante de la chasse ou de la pêche traditionnelle. Beaucoup pensent qu’il suffit d’adapter un arc de chasse, d’y fixer une bobine de fil et de se lancer. C’est l’erreur la plus commune et le chemin le plus court vers la frustration et, pire, l’illégalité.
En tant que pionnier de cette discipline en France, je peux vous l’affirmer : la pêche à l’arc est bien plus complexe et gratifiante qu’il n’y paraît. Elle ne se résume pas à son matériel. C’est une discipline à part entière qui repose sur trois piliers indissociables : une technique de tir qui défie l’intuition, une connaissance fine de la réglementation française, et une éthique de prélèvement irréprochable. Oubliez les idées reçues importées des shows télévisés américains. La pratique en France a ses propres codes, ses propres cibles et ses propres règles.
Mais si la véritable clé n’était pas la puissance de l’arc, mais la maîtrise d’une forme de « balistique aquatique » et le déchiffrage intelligent de la réglementation ? C’est la perspective que je vous propose. Cet article n’est pas une simple liste de matériel. C’est une feuille de route pour transformer votre curiosité en une passion responsable. Nous allons décortiquer ensemble le kit indispensable, percer les secrets de la visée dans l’eau, et surtout, clarifier ce que vous avez vraiment le droit de faire, et où.
Ce guide est conçu pour vous accompagner pas à pas, du choix de votre premier équipement à vos premières sorties, en passant par la compréhension des subtilités légales qui régissent nos cours d’eau. Préparez-vous à découvrir une facette de l’archerie et de la pêche que vous n’imaginiez pas.
Sommaire : Tout savoir pour commencer la pêche à l’arc en France
- Le kit indispensable du pêcheur à l’arc : moulinet, flèches et pointes décryptés
- Le piège de l’eau : pourquoi vous ratez tous les poissons et comment corriger votre visée
- Pêcher à l’arc en France : ce que dit vraiment la loi et où vous avez le droit de pratiquer
- Les secrets de la pêche à l’arc de nuit pour des sorties mémorables
- Quel est le meilleur arc pour la pêche à l’arc ? Recurve vs poulies
- Domaine public ou privé : où faut-il un permis pour avoir le droit de pêcher ?
- Où va l’argent de votre permis de pêche ? La réponse va vous surprendre
- Pêche en France : le guide pour comprendre la réglementation et ne jamais être en infraction
Le kit indispensable du pêcheur à l’arc : moulinet, flèches et pointes décryptés
N’imaginez pas un instant pouvoir adapter votre arc de chasse ou de tir sur cible en y bricolant un fil. Le bowfishing est une discipline d’archerie « lourde » qui impose un matériel spécifique, conçu pour la robustesse, la sécurité et l’efficacité en milieu aquatique. Chaque élément a son importance et une défaillance peut signifier la perte d’une flèche, d’une prise, ou pire, un accident. L’erreur classique du débutant est de sous-estimer la résistance de l’eau et la force des poissons ciblés. Votre équipement doit être à la hauteur de ce défi.
Le cœur de votre kit est le moulinet. Il en existe trois types principaux : le « spincast » (type lancer), le « drum » (tambour) et le « retriever ». Pour débuter, le modèle AMS Retriever est une référence quasi universelle. Sa conception sans friction permet au fil de se dérouler librement, évitant tout risque de « snapback » (retour de flèche) si vous oubliez d’appuyer sur un bouton avant le tir. La flèche, quant à elle, est radicalement différente. Oubliez le carbone léger. On utilise des flèches pleines en fibre de verre, bien plus lourdes pour conserver leur énergie sous l’eau. Elles sont équipées de pointes spécifiques à ardillons (barbelées) qui se déploient après l’impact pour retenir le poisson.
Voici les étapes fondamentales pour constituer votre premier ensemble :
- Choisir votre arc de base : Un recurve d’initiation (environ 200-300€) est parfait pour commencer. Si vous possédez déjà un arc à poulies, il peut être adapté.
- Installer le moulinet spécifique : Il se visse généralement sur le pas de vis du stabilisateur de votre arc. Assurez-vous d’avoir au moins 25 mètres de fil tressé haute résistance (200 lbs est un bon début).
- Sélectionner vos flèches : Optez pour des flèches en fibre de verre avec des pointes barbelées robustes comme le modèle « Typhoon ».
- Monter un repose-flèche adapté : Les modèles « roller » ou « brush » (à brosse), comme le « Whisker Biscuit », sont indispensables pour permettre le passage du fil sans entrave.
Pour ceux qui souhaitent démarrer sans se poser de questions, des kits complets existent. Ils représentent un excellent rapport qualité-prix et garantissent la compatibilité de tous les éléments. C’est une option rassurante pour un premier achat.
| Kit | Type d’arc | Prix indicatif | Inclus | Idéal pour |
|---|---|---|---|---|
| PSE Discovery | Compound | 450-550€ | Arc + moulinet + flèche | Débutant avec budget |
| PSE Kingfisher | Recurve | 300-400€ | Arc + moulinet + flèche + repose-flèche | Premier équipement |
| Kit Fin-Finder Raider | Adaptable | 150-200€ | Moulinet + flèche + pointe | Conversion d’arc existant |
En définitive, investir dans un équipement dédié n’est pas une option, mais une nécessité. Il en va de votre sécurité, de votre plaisir et de votre réussite au bord de l’eau. Un bon matériel est la première étape pour devenir un pêcheur à l’arc compétent et respectueux.
Le piège de l’eau : pourquoi vous ratez tous les poissons et comment corriger votre visée
Vous avez le meilleur matériel, vous repérez un poisson magnifique, immobile à un mètre de profondeur. Vous visez en plein centre, décochez… et votre flèche passe systématiquement au-dessus. Frustrant, n’est-ce pas ? Bienvenue dans le monde de la « balistique aquatique » et de son principal défi : la réfraction de la lumière. C’est le concept le plus contre-intuitif de la pêche à l’arc, et la raison numéro un des échecs des débutants. Comprendre ce phénomène n’est pas de la physique théorique, c’est la clé pour enfin toucher votre cible.
Lorsque la lumière passe de l’air à l’eau, elle dévie. Cet effet d’optique fait que le poisson que vous voyez n’est pas là où il se trouve réellement. Sa position réelle est toujours plus basse que sa position apparente. Votre cerveau, habitué à viser directement ce qu’il voit, vous trompe. Pour compenser, il existe une règle d’or, simple mais fondamentale : « Plus le poisson est loin et profond, plus il faut viser bas ».

Ce schéma illustre parfaitement le piège visuel. Pour atteindre la position réelle de la cible, votre flèche doit suivre une trajectoire qui semble incorrecte à première vue. Une règle mnémotechnique simple pour débuter est la règle du « 10-4 » : pour un poisson que vous estimez à 10 pieds (environ 3 mètres) de distance, visez 4 pouces (environ 10 cm) plus bas pour chaque pied (30 cm) de profondeur. C’est une approximation, mais un excellent point de départ pour éduquer votre œil et votre instinct.
Au-delà de la réfraction, la stabilité est cruciale, surtout sur une embarcation. Pour une visée efficace, positionnez votre corps de manière à être stable, même si le bateau bouge. Gardez votre arc bandé jusqu’à ce que vous soyez absolument prêt à tirer et que la flèche ait atteint sa cible imaginaire, sous le poisson. La pêche à l’arc est un tir instinctif : il n’y a pas de viseur. Votre cerveau doit apprendre à calculer la distance, la profondeur, la vitesse du poisson et l’angle de tir en une fraction de seconde. Seul l’entraînement et la répétition transformeront cet effort conscient en un réflexe naturel.
Ne vous découragez pas après les premiers échecs. Chaque flèche manquée est une leçon. Concentrez-vous sur des cibles faciles au début : des poissons lents ou stationnaires près de la surface. C’est en forgeant cette nouvelle coordination œil-main que vous percerez enfin le secret de ce piège aquatique.
Pêcher à l’arc en France : ce que dit vraiment la loi et où vous avez le droit de pratiquer
C’est la question qui brûle les lèvres de tous les aspirants pêcheurs à l’arc : est-ce seulement légal en France ? La réponse est oui, mais elle est loin d’être simple. La pêche à l’arc n’est pas explicitement interdite, mais elle n’est pas non plus explicitement autorisée partout et pour tout. Naviguer dans ce cadre réglementaire est le devoir de tout pratiquant responsable. La règle d’or est la suivante : la pêche, y compris à l’arc, est gérée au niveau départemental. Ce qui est permis dans l’Ain ne l’est pas forcément dans le Gard.
En France, la pêche en eau douce est encadrée par la FNPF (Fédération Nationale de la Pêche en France) et ses déclinaisons départementales. Pour pêcher sur le domaine public (fleuves, rivières, grands lacs), vous devez impérativement être détenteur d’une carte de pêche. Cette carte valide votre adhésion à une AAPPMA (Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique), qui gère les droits de pêche sur un territoire donné. C’est votre premier sésame.
Cependant, la carte de pêche ne vous donne pas un blanc-seing pour utiliser n’importe quelle technique. Chaque département publie un arrêté préfectoral annuel qui liste les modes de pêche autorisés, les espèces ciblables, les tailles de capture et les périodes d’ouverture. C’est CE document qui fait foi. Votre mission, avant même de sortir votre arc, est de vous procurer et de lire attentivement l’arrêté de votre département. La pêche à l’arc est souvent considérée comme un « engin de pêche » et peut être soumise à des restrictions. Dans de nombreux cas, elle est tolérée ou autorisée pour la régulation d’espèces considérées comme « susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques », comme la carpe ou le silure.
Les quotas de pêche généraux s’appliquent également. Par exemple, certaines réglementations départementales peuvent imposer un prélèvement de 3 carnassiers maximum par jour et par pêcheur, dont un seul brochet. Même si vous pêchez à l’arc, vous êtes soumis à ces mêmes règles de prélèvement. Concernant les espèces, le silure, le sandre, la perche et le black-bass peuvent souvent être pêchés toute l’année, mais attention : il est interdit d’employer une technique (comme la pêche à l’arc en surface) susceptible de capturer des brochets pendant leur période de fermeture spécifique.
En résumé, ne présumez jamais. Votre premier geste de pêcheur à l’arc n’est pas de tirer une flèche, mais de contacter votre fédération de pêche départementale ou votre AAPPMA locale. Expliquez votre démarche, demandez des clarifications sur l’arrêté en vigueur. Un pratiquant informé est un pratiquant respecté et inattaquable.
Les secrets de la pêche à l’arc de nuit pour des sorties mémorables
Quand le soleil se couche, un autre monde s’éveille sous la surface. La pêche à l’arc de nuit est une expérience totalement différente, une montée d’adrénaline pure. De nombreuses espèces, notamment les carpes, deviennent plus actives et montent dans les couches d’eau supérieures, les rendant plus accessibles. Le silence, la concentration requise et le faisceau de votre lampe balayant l’eau créent une atmosphère incomparable. Mais cette pratique fascinante est aussi la plus réglementée et exige une préparation sans faille, notamment en matière de sécurité et d’éclairage.
Sur le plan légal, le principe de base est simple et strict. Comme le rappelle le guide spécialisé 1Max2Peche :
La pêche de nuit est donc interdite (sauf arrêté préfectoral dérogatoire principalement pour la pêche de la carpe)
– 1Max2Peche, Guide des ouvertures de pêche 2024
Cela signifie que, par défaut, vous n’avez pas le droit de pêcher une demi-heure après le coucher du soleil. Cependant, de nombreux départements ont mis en place des parcours « carpe de nuit » où la pratique est autorisée, souvent sous des conditions très spécifiques. Par exemple, la fédération de la Sarthe a instauré un système original : sur certains plans d’eau, la pêche de la carpe de nuit n’est autorisée que les semaines impaires pour limiter la pression de pêche. C’est un parfait exemple de la nécessité absolue de consulter les réglementations locales.
L’équipement est le deuxième pilier d’une sortie nocturne réussie. L’enjeu est de voir sans être vu et d’éclairer efficacement une large zone d’eau peu profonde. Oubliez la simple lampe frontale. Les pêcheurs à l’arc sérieux utilisent des systèmes d’éclairage montés sur leur bateau ou sur des trépieds sur la berge. Des barres de LED à haute puissance, souvent alimentées par une batterie ou un petit générateur, sont la norme. L’objectif est de créer une nappe de lumière qui pénètre l’eau et élimine les reflets, vous permettant de repérer les poissons qui naviguent juste sous la surface.

La sécurité est décuplée la nuit. Assurez-vous d’être parfaitement visible pour les autres embarcations, portez un gilet de sauvetage et ne partez jamais seul. Connaissez le plan d’eau comme votre poche. La nuit, chaque haut-fond, chaque branche immergée devient un danger potentiel. Une préparation méticuleuse est la seule garantie pour que ces sorties restent des souvenirs mémorables et non des expériences dangereuses.
La pêche à l’arc de nuit est le summum de la discipline pour beaucoup. C’est un test de compétence, de patience et de préparation. Si vous respectez les règles et que vous vous équipez correctement, vous découvrirez des sensations de pêche uniques.
Quel est le meilleur arc pour la pêche à l’arc ? Recurve vs poulies
C’est le débat éternel qui anime les conversations entre archers : pour la pêche à l’arc, faut-il privilégier la simplicité d’un arc recurve ou la technologie d’un arc à poulies (compound) ? Il n’y a pas de réponse unique. Le « meilleur » arc est celui qui correspond à votre expérience, votre budget, et surtout, au type de pêche que vous envisagez. Chaque type d’arc a des avantages et des inconvénients marqués dans le contexte spécifique et brutal du bowfishing.
L’arc recurve est souvent le choix des puristes et des débutants. Sa mécanique est simple : plus vous tirez, plus la puissance augmente. Il est léger, maniable, extrêmement robuste et facile à entretenir. Un changement de corde peut se faire sur le terrain sans matériel spécifique. C’est un avantage énorme quand on est au bord de l’eau. Son inconvénient majeur est la fatigue : maintenir une forte puissance en pleine allonge pour ajuster sa visée sur un poisson mobile peut devenir éprouvant. Il est parfait pour des tirs rapides et instinctifs sur des poissons de taille moyenne comme la carpe, dans des étangs ou des rivières calmes.
L’arc à poulies, ou compound, est une merveille de technologie. Grâce à son système de cames, il bénéficie d’un « let-off » : une fois en pleine allonge, la force à retenir peut chuter de 70 à 80%. Cela vous permet de viser longuement sans trembler, un atout majeur pour ajuster un tir sur un poisson lointain ou puissant. Il génère aussi une vitesse de flèche supérieure, offrant plus de puissance de pénétration, ce qui est crucial pour les gros silures à la peau épaisse. En contrepartie, il est plus lourd, plus cher, et sa maintenance est complexe, nécessitant souvent une presse pour changer une corde ou un câble. Un problème technique au bord de l’eau signifie généralement la fin de la partie de pêche.
Le tableau suivant résume les points clés pour vous aider à visualiser les différences fondamentales :
| Critère | Arc Recurve | Arc à Poulies |
|---|---|---|
| Prix d’entrée | 200-400€ | 400-800€ |
| Maintenance | Minimale (changement corde) | Complexe (presse requise) |
| Poids | 1-1.5 kg | 2-2.5 kg |
| Puissance constante | Non (fatigue rapide) | Oui (let-off 70-80%) |
| Vitesse de flèche | 150-180 fps | 220-280 fps |
| Idéal pour | Carpe en étang | Silure en fleuve |
Finalement, votre décision doit s’articuler autour de trois axes. Votre expérience : si vous êtes un débutant complet en archerie, le recurve vous apprendra les fondamentaux. Le type de poisson ciblé : pour les gros spécimens en fleuve, la puissance et le confort de visée du compound sont un avantage. Votre budget : n’oubliez pas d’inclure les coûts de maintenance, bien plus élevés sur un arc à poulies.
Domaine public ou privé : où faut-il un permis pour avoir le droit de pêcher ?
La question du lieu de pratique est aussi importante que celle du matériel. En France, le droit de pêche est intimement lié à la nature du cours d’eau ou du plan d’eau. On distingue deux grandes catégories aux régimes juridiques très différents : le domaine public fluvial et les eaux privées. Comprendre cette distinction est essentiel pour savoir où vous avez le droit de tremper votre fil et sous quelles conditions.
Le domaine public fluvial (DPF) appartient à l’État. Il s’agit des fleuves, rivières et canaux navigables ou flottables, ainsi que des grands lacs. Pour avoir le droit de pêcher sur le DPF, la règle est claire : vous devez être titulaire d’une carte de pêche en cours de validité. Cette carte est bien plus qu’un simple laissez-passer. Elle matérialise votre adhésion à une AAPPMA et votre contribution financière à la gestion et à la protection des milieux aquatiques. Selon les tarifs officiels pour 2024, il faut compter environ 110€ pour la carte interfédérale ou 85€ pour la carte départementale. Sans cette carte, toute action de pêche sur le domaine public est considérée comme du braconnage.
Les eaux privées, ou domaine privé, regroupent tous les cours d’eau et plans d’eau qui n’appartiennent pas à l’État. Il peut s’agir d’un étang dans une propriété, d’un lac géré par une société privée ou d’une rivière non domaniale. Ici, le droit de pêche appartient au propriétaire des berges. La situation est donc plus complexe :
- Si le propriétaire vous accorde une autorisation personnelle, vous n’avez théoriquement pas besoin de carte de pêche.
- Cependant, la grande majorité des lots de pêche intéressants sur le domaine privé sont loués par des AAPPMA. Dans ce cas, pour y pêcher, il vous faudra la carte de pêche de l’association concernée, exactement comme sur le domaine public.
- Certains plans d’eau privés fonctionnent comme des centres de pêche payants (« carpodrome », « réservoir carnassier »), où vous payez un droit d’entrée à la journée, sans nécessité de posséder la carte de pêche fédérale.
Attention, « privé » ne veut pas dire « sans règle ». Le propriétaire ou le gestionnaire peut imposer son propre règlement intérieur, qui peut être bien plus strict que la réglementation générale. Par exemple, comme le stipule la réglementation 2024 de la fédération de Gironde pour le plan d’eau de La Cadie, un site privé géré par une AAPPMA, le prélèvement de carpes et de carnassiers (sauf le silure) est interdit et toutes les prises doivent être relâchées immédiatement. Cette pratique du « no-kill » ou « catch and release » est fréquente.
En conclusion, la carte de pêche est votre sésame dans la quasi-totalité des cas intéressants pour la pêche à l’arc. Pour les quelques exceptions en domaine privé, une autorisation écrite du propriétaire est une précaution indispensable pour éviter tout litige.
Où va l’argent de votre permis de pêche ? La réponse va vous surprendre
Chaque année, au moment de renouveler sa carte de pêche, la question revient : mais où va réellement cet argent ? Pour beaucoup, c’est une simple taxe pour avoir le droit de pêcher. En réalité, cette contribution est le moteur d’une vaste organisation dédiée à la protection des milieux aquatiques et au développement du loisir pêche en France. Comprendre ces rouages, c’est aussi comprendre comment, en tant que pêcheur à l’arc, vous pouvez devenir un acteur positif de cet écosystème.
L’argent de votre carte de pêche est réparti entre plusieurs structures. Une partie va à votre AAPPMA locale pour financer ses actions de terrain : nettoyage des berges, empoissonnement, création d’aménagements (pontons, cales de mise à l’eau). Une autre partie remonte à la Fédération Départementale, qui coordonne les actions à plus grande échelle, mène des études scientifiques sur la qualité de l’eau et les populations de poissons, et emploie des gardes-pêche pour surveiller les cours d’eau. Enfin, une portion est versée à la FNPF, l’échelon national qui défend les intérêts des pêcheurs auprès des pouvoirs publics et assure la promotion de la pêche au niveau national. Une dernière part revient à l’Agence de l’Eau, qui finance de grands projets de restauration des milieux aquatiques.
En tant qu’adhérent d’une AAPPMA, vous n’êtes pas un simple client, vous êtes un membre avec un droit de vote lors des assemblées générales. C’est là que réside votre pouvoir. La pêche à l’arc, encore confidentielle, est parfois vue avec méfiance. Votre rôle de pionnier responsable est de la présenter comme un outil de prélèvement raisonné et sélectif, particulièrement efficace pour la régulation de certaines espèces envahissantes ou surabondantes comme le silure ou la carpe, qui peuvent causer des déséquilibres dans certains écosystèmes.
Vous souhaitez que votre pratique soit reconnue et mieux encadrée ? Devenez un ambassadeur. Voici un plan d’action concret pour utiliser votre statut d’adhérent et promouvoir activement une image positive de la pêche à l’arc.
Votre plan d’action pour promouvoir la pêche à l’arc au sein de votre AAPPMA :
- Identifiez les enjeux locaux : Renseignez-vous via les rapports de votre fédération sur les espèces considérées comme problématiques ou envahissantes dans votre département.
- Montez un dossier argumenté : Préparez un document simple expliquant comment la pêche à l’arc, par sa sélectivité (pas de prise accidentelle), peut être une solution efficace et éthique pour la régulation de ces espèces spécifiques.
- Prenez contact et proposez : Contactez les responsables de votre AAPPMA locale. Ne demandez pas, proposez. Offrez de faire une démonstration sécurisée ou une journée de sensibilisation pour démystifier la pratique.
- Organisez une action concrète : Suggérez d’organiser une ou plusieurs journées de régulation bénévole sur un plan d’eau spécifique, avec un engagement de votre part à fournir un compte-rendu précis des prélèvements effectués.
L’argent de votre permis finance la pérennité de votre passion. En vous impliquant, vous pouvez orienter une infime partie de ces ressources vers la reconnaissance et le développement d’une pêche à l’arc durable et respectueuse en France.
À retenir
- La pêche à l’arc est une discipline à part entière qui ne tolère pas l’improvisation : un matériel spécifique est une condition de sécurité et d’efficacité non négociable.
- La maîtrise de la visée passe par la compréhension de la réfraction : vous devez systématiquement viser plus bas que la position apparente du poisson.
- La légalité de votre pratique dépend de la lecture attentive de l’arrêté préfectoral de votre département et du dialogue avec votre AAPPMA locale.
Pêche en France : le guide pour comprendre la réglementation et ne jamais être en infraction
Naviguer dans la réglementation de la pêche en France peut sembler intimidant. Entre les périodes d’ouverture, les tailles minimales de capture, les quotas et les heures légales, il est facile de se sentir perdu. Pourtant, ces règles ne sont pas là pour brider votre plaisir. Elles ont un but unique et vital : protéger la ressource piscicole et garantir la pérennité de notre loisir commun. En tant que pêcheur à l’arc, vous êtes soumis exactement aux mêmes règles que les autres pêcheurs, et votre devoir est de les connaître sur le bout des doigts.
La première règle concerne les périodes de fermeture. Elles sont instaurées pour laisser les poissons se reproduire en toute quiétude. Pendant leur période de frai, les poissons sont particulièrement vulnérables. Des espèces comme le sandre ou le black-bass deviennent très agressives et protègent leur nid, attaquant tout ce qui passe à proximité. Les capturer à ce moment précis aurait un impact dévastateur sur les générations futures. Les dates de fermeture varient selon les espèces et les départements, mais pour les carnassiers comme le brochet, elles sont souvent nationales. Par exemple, pour la saison à venir, les dates officielles pour la pêche du brochet en 2e catégorie vont du 27 avril 2024 au 26 janvier 2025. Pêcher cette espèce en dehors de cette fenêtre est strictement interdit.
Les tailles minimales de capture, ou « mailles », sont un autre pilier de la gestion durable. Elles garantissent que chaque poisson a eu la chance de se reproduire au moins une fois avant d’être potentiellement prélevé. De plus en plus, on voit apparaître des « fenêtres de capture ». Par exemple, sur de nombreux parcours, les brochets de moins de 60 cm ET ceux de plus de 80 cm doivent être immédiatement remis à l’eau. Les petits pour qu’ils grandissent, et les très gros spécimens car ce sont les meilleurs géniteurs, essentiels à la santé de la population. En tant que pêcheur à l’arc, il vous est difficile d’estimer la taille exacte avant le tir, d’où l’importance de cibler des espèces non soumises à ces fenêtres ou de pratiquer sur des plans d’eau où le prélèvement est autorisé sans cette contrainte.
Enfin, les heures légales sont un cadre à ne jamais oublier. La pêche est généralement autorisée depuis 30 minutes avant le lever du soleil jusqu’à 30 minutes après son coucher. En dehors de cet intervalle (et sauf dérogation pour la pêche de la carpe de nuit), toute action de pêche est interdite. Des applications et sites internet permettent de connaître ces heures légales avec précision pour votre localisation.
Pour vous lancer sereinement dans la pêche à l’arc, l’étape suivante et la plus importante est de vous rapprocher de votre AAPPMA. C’est votre meilleur interlocuteur pour obtenir des informations fiables, locales et à jour. Devenez un ambassadeur d’une pratique éthique et légale, et les portes de cette discipline passionnante s’ouvriront à vous.
Questions fréquentes sur la pêche à l’arc (bowfishing)
La pêche à l’arc est-elle autorisée en France ?
Oui, mais sa pratique est réglementée. Elle n’est pas explicitement interdite au niveau national, mais chaque département peut l’autoriser, la restreindre ou l’interdire via son arrêté préfectoral annuel. La FNPF (Fédération Nationale de la Pêche en France) encadre la pêche en eau douce, mais la décision finale revient au préfet du département.
Faut-il un permis spécial pour la pêche à l’arc ?
Il n’existe pas de « permis de pêche à l’arc ». Pour pratiquer sur le domaine public, vous devez être détenteur d’une carte de pêche valide, qui prouve votre adhésion à une AAPPMA. Cette carte est la même que pour tous les autres modes de pêche.
Quelles espèces peut-on cibler à l’arc ?
Cela dépend de la réglementation locale. Généralement, la pêche à l’arc est tolérée ou encouragée pour les espèces considérées comme susceptibles de créer des déséquilibres, comme le silure et la carpe. Pour les carnassiers comme le sandre, la perche ou le black-bass, il faut être vigilant et s’assurer de ne pas utiliser cette technique pendant la période de fermeture du brochet, car elle pourrait entraîner des captures accidentelles.
Quand puis-je pêcher légalement ?
La pêche en journée est autorisée 30 minutes avant le lever du soleil et jusqu’à 30 minutes après son coucher. Les heures exactes peuvent être consultées sur des calendriers solaires ou des sites spécialisés. La pêche de nuit est interdite par défaut, sauf sur des parcours spécifiques (souvent pour la carpe) et avec une autorisation préfectorale.
Pourquoi certaines périodes sont-elles interdites ?
Les périodes de fermeture correspondent aux périodes de reproduction (frai) des poissons. Durant ce temps, ils sont très vulnérables. Les interdictions de pêche permettent de les laisser se reproduire en paix pour assurer le renouvellement des populations et la pérennité de la ressource.
Quelles sont les tailles minimales à respecter ?
Chaque département fixe des tailles minimales de capture (mailles) pour différentes espèces, afin que les poissons puissent se reproduire au moins une fois. De plus en plus, des « fenêtres de capture » sont mises en place. Par exemple, pour le brochet, il est souvent obligatoire de relâcher les individus de moins de 60 cm et de plus de 80 cm.